Le Sanglier Philosophe, des plantes aromatiques du champs à l’assiette !

15 Oct 2021 | Ils font vivre le territoire des Bauges 📍 | 0 commentaires

Originaire du Val d’Aoste en Italie, Luca voulait vivre et travailler proche de ses montagnes tant aimées. C’est dans les Bauges et dans les plantes aromatiques qu’il a trouvé son bonheur en s’associant avec Benoît, créateur du Sanglier Philosophe.

Merci pour cet échange très riche Luca. Une interview très atypique réalisée pendant le petit déjeuner de ton fils et sur le trajet pour la crèche. Alors, merci de m’avoir ouvert les portes de ta maison pour prendre le temps de nous raconter ton histoire.

Bonjour Luca, peux-tu te présenter et nous expliquer ton parcours jusqu’à ton arrivée chez le Sanglier Philosophe ?

Je m’appelle Luca Carrel et suis originaire du Val d’Aoste en Italie où je suis né et ai grandi.

Une première expérience de vétérinaire

Après ma scolarité au lycée agricole du Val d’Aoste, j’ai poursuivi des études de vétérinaire avec application sur la faune sauvage. Puis, je suis parti une année en Espagne exercer dans ce domaine mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas trop mon monde. Je suis revenu en Italie où j’ai travaillé dix années dans le lycée agricole où j’avais étudié. Mes missions consistaient à suivre les élèves pendant leurs moments d’études, organiser les voyages d’études etc.

Mon arrivée dans les Bauges

Puis j’ai rencontré ma femme, Cécile, avec qui nous sommes partis faire un long voyage en Amérique du Sud. Pendant ce voyage nous avons revu nos priorités. Nous avons décidé de partir du Val d’Aoste. De mon côté, c’était important de rester dans les Alpes. Nous avons atterri en Savoie car Cécile avait trouvé un poste sur Chambéry.

Des expériences en maraîchage

En juillet 2017, lors de notre arrivée, je souhaitais me faire un réseau de connaissances avant de lancer mon activité agricole. Mon projet de base était de faire du maraîchage. En arrivant en juillet, c’était un peu tard pour le maraîchage. Une de mes premières opportunités a été de pouvoir travaillé avec Benoît Claude du Sanglier Philosophe. Il cherchait un salarié pour l’été. Je travaillais deux jours par semaine avec lui puis le reste de la semaine en maraîchage. Ensuite, j’ai fait une année entière en maraîchage dans le GAEC Petite Nature à Chambéry.
Pendant ce temps, nous sommes restés en contact avec Benoît. Humainement, le courant passait très bien entre nous. Nous avons même fait une virée en Italie pour visiter un séchoir. Puis, c’est lors d’une soirée concert avec nos femmes respectives, qu’en discutant le sujet est venu à la conversation. Benoît avait l’idée de s’associer mais pas d’associé potentiel. Et moi, j’avais également ce projet.

Un virage vers les plantes aromatiques

Début 2019, j’ai arrêté avec les maraîchers de Chambéry pour faire un “stage reprise”. C’est un dispositif régional destiné aux personnes qui souhaitent s’installer dans une exploitation. Il permet de faire une année test soit pour reprendre l’exploitation d’un agriculteur qui part à la retraite soit pour quelqu’un qui souhaite s’associer. Pendant toute l’année test, la personne touche ses droits au chômage si elle en a soit elle touche une bourse. Cela permet de tester le travail mais aussi l’entente entre les potentiels associés ou bien une transition.
C’est donc ce que nous avons fait. Après quelques mois, c’était évident pour nous que cela allait fonctionner. J’en ai donc profité pour faire les premières plantations, les papiers pour la création du GAEC mais aussi pour la DJA (dotation jeune agriculteur).

Mon arrivée chez le Sanglier Philosophe

Au premier janvier 2020, je me suis installée officiellement avec Benoît et nous avons créé le GAEC. Pour moi c’était un réel avantage d’arriver dans une structure avec une ancienneté et une telle renommée. Cela m’a permis de mettre mon énergie dans la recherche d’amélioration et d’évolution à ce qui fonctionnait déjà au lieu de la mettre dans de la création. C’est un vrai atout pour les entreprises déjà en place si la passation est bien faite.

Concrètement, peux-tu nous présenter votre activité ?

Le Sanglier Philosophe a été créé en 1997. C’est une ferme de production de plantes aromatiques et médicinales. Benoît était un des premiers dans les Bauges à faire des plantes aromatiques.

Nos missions

Nous faisons tout à la ferme. Pour la partie production, nous cultivons sur environ 1 hectare de terrain réparti sur trois sites distincts. Nous faisons aussi de la cueillette sauvage de plantes. Les plantes sont séchées et ensuite transformées.
Notre travail est très saisonnier. Les travaux en extérieur commencent vers le 15 mars avec la première cueillette d’ail des ours et le début du nettoyage des champs. Puis, fin avril/début mai c’est l’étape des plantations. De mi mai à fin août, c’est le gros du travail en extérieur avec les récoltes, la cueillette sauvage, l’entretien des champs. Le travail dans les champs ralentit un peu à l’automne. Les dernières récoltes de la racine de gentiane et du sapin ont lieu en novembre. A l’intérieur, les gros mois de transformation et de préparation du stock sont plutôt sur l’automne et l’hiver. Nous avons deux périodes de vente : les mois d’été et la période de Noël.

Nos produits

Du côté des produits finis, nous proposons : des tisanes, des aromates pour la cuisine, des liqueurs, des sirops et des herbes à liqueur pour faire les liqueurs maison.
La majorité de nos produits sont séchés. Il n’y a que quelques plantes que nous gardons fraîches pour les liqueurs ou le sirop de sureau par exemple.
Pour les petites feuilles, comme le thym, l’origan, il y a une étape intermédiaire qui consiste à le battre pour séparer la tige des feuilles. Les grandes feuilles, la verveine, la mélisse, la menthe … cette étape est faite à la main. Nous faisons faire ce travail par La Ferme de Chosal, un ESAT près d’Annecy. Ils s’occupent également d’une partie de l’ensachage.

Notre organisation

Nous avons la particularité de ne pas habiter à côté et de ne pas vouloir faire trop de route tous les jours. Benoît est situé à Cusy et moi à Thoiry. Nous avons donc un double atelier de production attenant à la maison dans les deux cas. Chez Benoit, on fabrique la partie liquide et à Thoiry nous nous occupons plutôt de la partie sèche : tisanes, aromates … C’est la même chose pour les champs. Ils sont situés proches de nos habitations respectives. Notre troisième champ est situé à 2 000 m d’altitude pour la production de Génépi qui est notre produit phare.
Deux à quatre jours par semaine, nous nous retrouvons pour travailler ensemble. Notre organisation est atypique. Nous avons l’avantage d’être seul une partie du temps tout en étant associés.

La commercialisation

Cette organisation est aussi un atout pour la commercialisation. Benoit s’occupe des revendeurs sur le secteur d’Annecy et moi du côté de Chambéry. Nous sommes présents à 50% dans des magasins spécialisés bio : Biocoop et Satoriz principalement. L’autre moitié de nos revendeurs sont des fruitières, magasins de produits de producteurs/savoyards, magasins touristiques en station de ski. Nous travaillons avec une quarantaine de magasins présents sur les deux Savoie.
Du côté des marchés, nous n’en faisons que très peu. Nous pouvons nous le permettre car la marque est déjà bien connue.
Il nous arrive aussi de faire de temps en temps des animations directement en magasin. C’est intéressant pour le client de voir le producteur et de savoir comment nous travaillons.
La vente directe se fait par notre site internet. Nous ne faisons que très peu de vente à la ferme car nous n’avons pas de magasin ni d’horaires fixes de présence.

 

Avez-vous une phrase, un slogan qui définit le mieux votre univers ?

Le poème Quien Muere de Pablo Neruda (traduit en français)

Comment communiquez-vous sur votre activité ?

Les animations chez nos revendeurs nous permettent de communiquer auprès des clients.
Avec le syndicat des producteurs de plantes aromatiques, nous faisons la fête des plantes tous les deux ans.
Nous sommes présents sur Facebook mais c’est surtout ma femme qui s’en occupe car j’ai la paresse de m’y mettre et nous n’avons pas tellement la nécessité de communiquer. Lorsque que nous sommes présents sur un événement, c’est intéressant de pouvoir communiquer sur Facebook. Cela nous permet de toucher pas mal de monde.
Notre site internet est vraiment la vitrine de notre activité mais il manque un peu de mise à jour. Il nous permet de vendre un peu partout en France.

Merci beaucoup pour cet échange Luca !

Si vous souhaitez découvrir les produits des deux compères qui forment Le Sanglier Philosophe :
📞 06 15 76 89 41 (Benoît) et 06 52 77 83 13 (Luca)
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