Mathias, un apiculteur reconverti, raisonné et en pleine mutation.

16 Juil 2021 | Ils font vivre le territoire des Bauges 📍 | 0 commentaires

A la base ingénieur, Mathias s’est reconverti en apiculteur pour voler de ses propres ailes. A Bellecombe-en-Bauges, il gère ses colonies d’abeilles et fabrique son miel avec passion et professionnalisme.

Merci beaucoup pour le temps que tu as accordé à cette interview. Merci aussi pour toutes ces explications que tu m’as apportées sur la vie d’un apiculteur, le travail des abeilles et la fabrication du miel !

(Je n’ai pas retranscrit toutes les explications du métier d’apiculteur et la technicité du miel, sinon l’article aurait été très long – si vous souhaitez plus d’informations sur le sujet, je vous invite à prendre contact avec Mathias en bas de page 😉)

Bonjour Mathias, peux-tu te présenter et nous expliquer ton parcours jusqu’à la naissance de l’Abeille Comboise ?

Je m’appelle Mathias Chicaud, je viens de Dijon où j’ai suivi toute ma scolarité avant de partir en école d’ingénieur. C’est pour mon premier poste d’ingénieur que je suis arrivé dans la région.
Mes diverses expériences dans le métier se sont plus ou moins bien passées, surtout une en particulier qui m’a un petit peu secouée.

LA DÉCOUVERTE DE L’APICULTURE

J’ai découvert l’apiculture dans un festival de BD. Un apiculteur avait un stand avec une ruche et j’ai passé plus de temps à lui poser des questions plutôt qu’à faire des dédicaces chez les auteurs. C’est par cet échange que j’ai découvert les avantages du métier : le travail en extérieur, l’indépendance, la solitude, un métier manuel et le fait de tout gérer de A à Z, de l’approvisionnement des pots jusqu’à la commercialisation. Cela m’a beaucoup plu. Si une bêtise est faite, tu peux t’en prendre qu’à toi et pas à des gens au dessus qui prennent des décisions pas forcément judicieuses.
Aussi, lorsque j’ai rencontré ma compagne Doriane, elle m’a parlé de son oncle qui à 28 ans (mon âge à ce moment-là) avait tout plaqué pour se lancer dans l’apiculture. Depuis 15 ans il exerçait et s’en sortait bien.

UNE PÉRIODE DE RÉFLEXION

Nous sommes ensuite partis en voyage, avec Doriane, pendant plusieurs mois en trek en Europe du Nord. Pendant 4 mois et demi, nous avions juste à penser où nous allions poser notre tente le soir. J’avais donc plus le temps de penser à autre chose. En parallèle, j’ai appris le décès d’un ami d’école dans un accident de la route. J’ai donc pris conscience que cela pouvait m’arriver également et que je pouvais partir alors que je n’étais pas épanoui. C’est à ce moment que je me suis dit “allez, pourquoi pas tenter l’aventure.

MON DÉMARRAGE DANS L’AVENTURE

J’ai donc débuté l’aventure avec « L’apiculture pour les nuls”. Ont suivi des lectures un peu plus techniques. Puis, en 2018, j’ai intégré une formation au CFPPA de la Côte Saint André pour obtenir un certificat de spécialisation. Pendant ma formation, j’ai pris quelques ruches et c’est comme ça que j’ai commencé.
En terminant ma formation, j’ai trouvé un autre job d’ingénieur pour l’automne/hiver, ainsi je pouvais avoir du temps disponible pour les ruches. La mission s’est terminée en août 2019. Nous venions aussi d’acquérir notre maison. Je me suis donc posé l’hiver. Puis début 2020, le Covid est arrivé donc c’était plus compliqué de trouver un travail en tant qu’ingénieur. J’ai donc mené un nouveau travail de réflexion. Les missions de 6 mois d’ingénieur, à la bonne période et à mi-temps sont rares. Aujourd’hui je souhaite donc avoir quelques ruches et un autre travail plus manuel à côté. Je suis toujours à la recherche de mon équilibre.

Concrètement, peux-tu nous présenter l’Abeille Comboise ?

Aujourd’hui, j’ai une trentaine de colonies.

LES MISSIONS DE L’APICULTEUR

Les tâches de l’apiculteur dépendent de la saison. Beaucoup de travail est fait en amont vers mars, avril, mai. C’est à cette période que la reine se remet à pondre et que les colonies se développent. Il y a donc pas mal de cadres à bouger. Il faut aussi équilibrer les colonies, évaluer leur force, faire des essaims … Normalement à cette période, il n’y pas plus grand chose à faire. C’est la saison du châtaignier. Les abeilles produisent le miel. Puis, il faut suivre la fin des floraisons pour récolter le miel et transhumer. Il faut savoir qu’il y a autant d’apicultures que d’apiculteurs : à chacun de trouver son équilibre entre techniques de travail, son temps passé sur la route, se mécaniser ou pas (je sors mes ruches de mon van avec une brouette spéciale, mais certains collègues le font en semi remorque avec grue ou transpalette tout-terrain), son temps libre a côté… Les possibilités sont infinies.

Avec la saison 2021 execrable que nous subissons jusqu’à présent, j’ai revu mes objectifs de production à la baisse, tout en augmentant mon cheptel : je laisserai les ruches fortes en production, et me servirai des ruches moins fortes pour créer de nouveaux essaims.

 

LA DIVERSIFICATION DE L’APICULTEUR

Pour extraire mon miel, je passe par la miellerie collective des Bauges à Saint Eustache.
Même s’il est mieux de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, à l’heure actuelle, je ne fais pas encore de produits transformés. Les revenus d’un apiculteur ne sont pas que par le miel. Il y a aussi la vente du pollen, de la gelée royale, des essaims, des reines, de la propolis ou encore des produits transformés.

LA VIE DE MES RUCHES

Au printemps, mes ruches sont dans le pays d’Entrelacs près de pâturages. Actuellement (juin), elles sont près de la Chautagne. Juste après la récolte elles remontent près de chez moi à Bellecombe-en-Bauges pour faire du miel de montagne et haute montagne. Elles y hiverneront jusqu’au printemps prochain.
Je souhaite vraiment rester local. Donc, mes ruches gravitent à moins d’une heure de chez moi.

Par exemple, certains apiculteurs savoyards ou installés bien plus au Nord,  n’hésitent pas à transhumer leurs colonies plus au sud (Drôme ou PACA) pour faire du miel de lavande, qui est bien valorisé. Comme dit mon maître de stage, « chacun voit midi à sa porte! ».

OÙ TROUVER MES PRODUITS ?

Mes produits sont disponibles dans 3 dépôts : au Petit Local à Lescheraines chez Catherine, chez Marc et Céline aux Douceurs des Bauges et à l’épicerie de la Poste à Sévrier. De temps en temps, je fais des marchés en one shot. Je suis actuellement en pourparler avec la fruitière Chabert de Gruffy. J’ai aussi un magasin chez moi. Quand je suis là, je mets un petit panneau pour indiquer que le magasin est ouvert pour avertir les randonneurs qui passent notamment. Enfin, je vends aussi sur mon site internet.

As-tu une phrase, un slogan qui définit le mieux ton univers ?

« Rester simple mais technique à la fois! »

Comment communiques-tu sur ton activité ?

J’ai créé ma page Facebook en même temps que mon site internet vitrine. Puis, par la suite, j’ai implémenté un module de vente en ligne. La page Facebook me permet de relayer mon site internet. Au départ, ce n’était pas trop ma volonté de faire du community management mais on s’y fait.

La météo de ces derniers jours, n’ayant pas été du côté des floraisons et des abeilles, mes publications sont un peu plus rares en ce moment mais cela ne devrait pas durer trop longtemps !

Merci beaucoup pour cet échange Mathias !

Si vous souhaitez découvrir le miel de Mathias, vous pouvez le contacter par ces différents moyens :
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