La laine est devenue sa meilleure alliée, pour ses créations et son bien-être !

1 Oct 2021 | Ils font vivre le territoire des Bauges 📍 | 0 commentaires

C’est complètement par hasard que Marjory est devenue feutrière. A partir de la laine de mouton, elle imagine et confectionne des créations uniques, entièrement faites à la main. C’est pleine d’humilité qu’elle nous présente son parcours et son métier.

Merci à toi Marjory pour le temps que tu m’as accordé. Merci de m’avoir ouvert les portes de ton jardin (ou plutôt, atelier 😉) secret. C’était un vrai bonheur que de découvrir tes réalisations mais aussi les bienfaits de la laine !

Bonjour Marjory, peux-tu te présenter et nous expliquer ton parcours jusqu’à la création de Feutr’In Bauges ?

Je suis Marjory Piatek et j’ai lancé Feutr’in Bauges en janvier 2017. L’hiver, je suis monitrice de ski. Je suis originaire des Aravis. Avec mon conjoint, nous avons vécu dans la Drôme puis nous avons voulu revenir en montagne. Mon conjoint a trouvé du travail à Chambéry. Nous avons donc vécu deux ans à Bassens dans la ville. Puis, nous avons décidé de trouver un endroit qui me permettrait de me rapprocher d’une station de ski. Nous avons eu un coup de cœur pour Les Déserts. C’est comme cela que nous sommes arrivés ici, en 2010.

Mes débuts dans la laine

« Je suis tombée dans la laine » depuis que je suis arrivée ici sur la commune des Déserts. Auparavant, je n’avais pas spécialement d’affinités avec cette matière. C’est ma voisine, Babette, qui m’a initiée au feutrage. Elle me faisait faire plein de petits objets et j’ai tout de suite accroché. A partir de 2012, je me suis donc auto formée avec des tutos ou avec l’aide de ma voisine. Au départ, je faisais ça pour mon plaisir et celui de mes amis.

La professionnalisation de mon activité

En lançant Feutr’in Bauges en 2017, j’ai décidé de me professionnaliser. J’ai suivi trois formations à Lainamac, une école de laine dans la Creuse, à Felletin plus exactement. Le premier stage était avec Maria FREISE pour apprendre à travailler la laine très finement. Cela m’a permis d’obtenir plein de clés ! A mon arrivée dans l’école, une grande partie des stagiaires, étaient des professionnelles. J’étais une des seules amatrices. Au départ, je ne me sentais pas trop à ma place. Mais la formatrice m’a beaucoup encouragée et m’a laissé sortir le meilleur de moi. Cette matière est vraiment incroyable.
Ensuite, j’ai suivi deux autres formations avec Natalya BRASHOVETSKA, une formatrice ukrainienne. Une première basée sur les chaussures et sacs à mains assortis puis une seconde « bottes et sacs ».

Concrètement, peux-tu nous présenter ton activité ?

L’approvisionnement de la laine

Je travaille la laine de mouton que j’achète déjà lavée, cardée et teintée. Au démarrage, je l’achetais sur des sites que l’on m’avait recommandés. Notamment sur un site allemand Wollknoll qui propose de la très bonne qualité : la laine est tracée, les colorations sont certifiées. Mais aussi, sur un site internet qui produit de la laine en Italie qui est également certifié. Mais maintenant, j’essaie de trouver plus de la laine française. Ce n’est pas évident. Mais en ce moment les choses bougent. Il y a un mouvement de revalorisation de la laine partout en France : tant en Bretagne, que dans les Pyrénées ou ici en Savoie avec notamment Défrise ton mouton. Il y a un nouvel engouement pour la matière. De vieilles filatures rouvrent..

Un projet de laine locale

La fabrication des chaussons nécessite une laine très résistante à l’extérieur – la Bergschaf, du tyrol italien – et douce à l’intérieur – la Mérinos. La laine de Thônes et Marthod est aussi très résistante, ce qui est très intéressant car elle est locale. Actuellement, j’utilise aussi la laine de Chartreuse de la Ferme des Belines. Un projet, porté par Mathilde Loiseau, en Chartreuse également, souhaite valoriser la laine de toute la Savoie et de l’Isère. Leur objectif est de faire de la matelasserie et du feutre artisanal.

Le travail de la laine

Lors de la tonte des moutons, la laine est pleine de suinte. C’est une graisse qui rend le poil imperméable. Il faut donc la laver en suivant un processus très rigoureux et long. Puis, une fois qu’elle est propre, on peut la teinter. Enfin, il faut carder la laine.

Mes créations

A mes débuts, je confectionnais des petites poupées pour la décoration. Aujourd’hui, j’aime dire que mes créations sont « futilistes », futiles et utiles !

Les techniques de feutre

Il y a différentes techniques de feutre. La technique à l’aiguille est réalisée avec une sorte de petit hameçon. Je m’en sers pour les décorations ou encore les finitions. Pour les chapeaux, les luminaires et les chaussons, j’utilise une technique ancestrale. Je dépose la laine en plusieurs couches croisées. Puis, j’ajoute de l’eau, du savon. Commence alors un long travail de friction, de pétrissage qui permet aux fibres de se mélanger entre elles.

La laine et son côté thérapeutique

Pendant le confinement, j’ai suivi des cours en visio avec Maria FREISE. Nous avons beaucoup travaillé sur les émotions, les couleurs. Cela m’a beaucoup aidé dans mes créations et dans mon ressenti. J’ai vraiment réalisé que la laine va plus loin que simplement une paire de chaussons. Elle a un côté thérapeutique. On l’utilise aussi beaucoup dans les berceaux des enfants, c’est apaisant.

Autre exemple : au printemps j’ai eu très mal au dos. Je me suis fabriqué une ceinture avec de la laine et ça m’a fait énormément de bien. La laine de mouton stimulent l’épiderme, ce qui crée une émulsion au niveau de la douleur d’où le soulagement. La laine protège aussi bien du chaud que du froid. Elle contient une palette de propriétés.

Les Artizanes

Je fais partie du collectif des Artizanes à Saint Jean d’Arvey. Nous sommes 5 dans le collectif : Maud, Valérie, Marie, Martine et moi. Entre tissus, broderies, bijoux en argent, chambre à air, laine, nous avons toutes des compétences et des univers différents.. Être dans ce collectif m’apporte beaucoup. Cela me permet de ne pas travailler seule, d’avoir un endroit où travailler et stocker ma laine.

Où trouver mes créations ?

Mes créations sont vendues en direct à l’Atelier des Artizanes à Saint Jean d’Arvey où nous avons un petit showroom qui ouvre le premier samedi de chaque mois. Je suis présente aussi sur certains marchés : comme à la Giettaz en alpage, le marché de Noël de Saint Jean d’Arvey, la saint Michel aux Déserts ou encore la méridienne des artistes à Montmélian. Depuis 3 ans, je suis invitée à la jolie boutique Entrée en Matières à Lescheraines, à l’automne. Je fais aussi beaucoup de sur-mesure car je n’aime pas que les chaussons dorment sur une étagère. Cela permet aussi aux clients de choisir la couleur, la taille, la décoration et ainsi de personnaliser leurs paires.

Transmettre le feutrage

J’aime beaucoup transmettre donc j’anime aussi des stages d’initiation, de perfectionnement, à la carte ou sur des week-ends. Je les fais soit ici à l’atelier ou alors je me déplace. Certains stages sont à destination des enfants. Avec l’école des Déserts, nous avons fait un projet pédagogique.

As-tu une phrase, un slogan qui définit le mieux ton univers ?

« Tout en douceur »

Comment communiques-tu sur ton activité ?

Et bien, la communication c’est un peu mon problème (rires). Je suis présente sur les réseaux sociaux. J’ai une page Facebook et un compte Instagram.
Via les Artizanes, nous avons fait une banderole pour être visibles depuis la route, des affiches pour rendre visibles nos événements.
Nous sommes aussi référencées sur le site internet de la commune de Saint Jean d’Arvey.
Savoie News a réalisé un super reportage. Nous en sommes très contentes.
Le bouche à oreille fonctionne aussi plutôt bien.

Merci beaucoup pour cet échange Marjory !

Si vous avez envie de découvrir le savoir-faire de Marjory et les bienfaits de la laine de mouton :
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